Que faire après un décès (Belgique)
Si vous traversez un décès maintenant, concentrez-vous sur l’essentiel des prochaines heures. Le reste se fera étape par étape. Cette checklist est pensée pour la Belgique (Bruxelles / Wallonie / Flandre) : certaines règles pratiques varient selon la commune, mais le cœur des démarches reste le même.
Urgences (Belgique)
Numéros d’urgence
- 112 — urgences (ambulance, pompiers, police)
- 101 — police (assistance urgente)
- 100 — ambulance/pompiers (souvent redirigé vers 112)
- 1733 — médecin de garde (problème médical non vital mais urgent)
Écoute / soutien psychologique (si vous vous sentez submergé)
- 0800 32 123 — Centre de Prévention du Suicide (Belgique francophone)
- 1813 — Zelfmoordlijn (NL, 24/7)
- 107 — Télé-Accueil (écoute générale, 24/7)
Repères rapides : la timeline Belgique
Pour voir l’ensemble sans se sentir dépassé.
- Heures 0–6 : constat médical + certificat de décès (médecin / établissement)
- Jours 1–2 : déclaration à la commune (État civil) → acte de décès + autorisations (inhumation/crémation)
- Jours 1–3 : choisir les pompes funèbres + décisions de base (type de funérailles, date, lieu)
- Semaine 1 : notifications prioritaires (banque, employeur, assurances, mutuelle)
- Dans les 4 mois : déclaration de succession (si décès en Belgique)
1) Les premières heures : le lieu du décès change tout
Commencez par sécuriser la situation — puis faites constater le décès.
- À domicile (décès attendu) : appelez le médecin traitant ou un médecin de garde pour la constatation et le certificat de décès.
- À domicile (décès soudain, violent ou suspect) : appelez immédiatement les secours (112). Les autorités peuvent intervenir, ce qui peut modifier les délais et la remise du corps.
- À l’hôpital / maison de repos : l’établissement organise la constatation médicale et vous explique les prochaines étapes (mise en chambre mortuaire, documents, etc.).
- Sur la voie publique : secours/autorités coordonnent la suite (constat, enquête éventuelle, transport).
Pendant l’attente (médecin / pompes funèbres) : petite checklist utile
- Sécuriser le domicile : clés, portes/fenêtres, objets de valeur, voiture, papiers sensibles.
- Boîte aux lettres : la relever chaque jour (réduit le risque de fraude/vol d’identité).
- Animaux : organiser la garde (même “temporaire”).
- Médicaments : sécuriser (notamment antalgiques/somnifères).
- Essentiels visibles : carte d’identité, documents familiaux (si disponibles), cartes bancaires, assurances, coordonnées utiles.
- Désigner un “communicant” : une personne qui répond aux appels/messages à votre place si possible.
2) Le certificat (ou constat) de décès
Indispensable pour l’État civil, les funérailles, les banques et la succession.
En Belgique, un décès doit être constaté par un médecin, qui établit un certificat / constat de décès. Ce document sert à déclencher toute la chaîne administrative (commune, permis d’inhumer/incinérer, acte de décès, etc.).
- Si le décès a lieu à domicile, c’est à la famille d’appeler un médecin.
- En cas de contexte particulier (doute, décès non naturel), une enquête ou des examens peuvent retarder certaines démarches.
- Informez le médecin si la personne avait un pacemaker / défibrillateur implantable : cela peut nécessiter un retrait avant crémation.
3) Déclaration à la commune (État civil) + permis d’inhumer/incinérer
C’est le “cœur administratif” en Belgique.
Le décès est déclaré auprès de la commune du lieu de décès (service État civil). La commune délivre ensuite les autorisations nécessaires (notamment le permis d’inhumer ou l’autorisation liée à la crémation) et établit l’acte de décès.
- La déclaration doit être faite au plus vite, et un délai minimal de 24 heures après le constat médical est généralement à respecter avant l’inhumation / la crémation (pratique encadrée au niveau communal/régional).
- Souvent, l’entrepreneur de pompes funèbres peut s’occuper de la déclaration et des documents, mais un proche peut aussi la faire.
- Demandez plusieurs copies / extraits de l’acte de décès : banques, assurances, employeur, mutuelle, etc.
Documents souvent demandés
- Certificat médical de décès
- Carte d’identité du défunt (et parfois celle du déclarant)
- Carnet / acte de mariage (si disponible), informations d’état civil
- Coordonnées d’un contact familial (téléphone + adresse)
4) Choisir les pompes funèbres + organiser les funérailles
Vous n’avez pas à tout décider aujourd’hui — mais quelques choix structurent le reste.
En Belgique, l’inhumation ou la crémation nécessite l’autorisation communale. Une entreprise de pompes funèbres peut prendre en charge la coordination (transport, dépôt des documents, réservation cérémonie, cimetière / crématorium, etc.).
Décisions à prendre (sans se précipiter)
- Inhumation ou crémation (et, en cas de crémation : urne, columbarium, dispersion, conservation selon règles locales).
- Cérémonie (religieuse ou civile), lieu, musique, textes, photos, prise de parole.
- Transport du corps et visites / recueillement (funérarium, domicile, chambre mortuaire).
- Avis (faire-part, annonces, choix “intime” ou cérémonie ouverte).
5) Informer en priorité : banque, employeur, assurances, mutuelle
Commencez par ce qui peut éviter des blocages financiers et administratifs.
Priorité A (dans les 48 à 72 heures si possible)
- Banque(s) : signalez le décès et demandez la procédure (comptes, paiements en cours, factures d’obsèques).
- Employeur : signaler le décès + demander le congé de circonstance (“petit chômage”).
- Assurances (vie, solde restant dû, habitation, auto) : prévenir et demander la liste exacte des pièces.
- Mutuelle : prévenir pour mettre à jour les droits des personnes à charge et les remboursements.
Priorité B (dans la semaine)
- Opérateurs (énergie, télécoms), abonnements, loyers / charges
- Médecins, aides à domicile, services de soins
- Crèches / écoles (si impact sur la garde), clubs, associations
6) Actifs numériques : ce qu’il faut préserver (semaine 1)
Règle simple : préserver d’abord, décider plus tard.
Aujourd’hui, une partie des démarches (banque, assurances, eBox, 2FA) dépend d’un accès numérique. En début de deuil, le plus sûr est de conserver ce qui permet de prouver et d’agir — sans supprimer dans l’urgence.
- Téléphone du défunt : gardez-le accessible et sécurisé (codes 2FA, SMS de validation).
- Email principal : souvent nécessaire pour réinitialiser des accès. Ne supprimez rien tout de suite.
- Banque en ligne : ne “fermez” pas les accès dans la panique ; faites d’abord une liste des comptes/IBAN et des prélèvements.
- Portails publics : notez ce qui existe (pension, finances, mutuelle, eBox) — vous vérifierez ensuite avec les procédures officielles.
- Réseaux sociaux : mémorialisation/suppression peut attendre ; pas d’urgence semaine 1.
- Règle semaine 1 : préserver (accès, preuves, listes), ne pas supprimer, décider quand vous aurez de l’énergie.
7) Protection anti-fraude (simple et efficace)
Les périodes de deuil sont une cible : sécurisez deux ou trois points clés.
- Boîte aux lettres : relevez-la chaque jour ; en immeuble, évitez d’indiquer publiquement des détails sensibles. Si nécessaire, voyez une redirection temporaire.
- Banque/assurance : méfiez-vous de toute personne qui propose “d’accélérer” des paiements contre des frais.
- Documents : ne transmettez acte de décès, pièces d’identité ou coordonnées bancaires qu’à des interlocuteurs identifiés (banque, notaire, mutuelle, assureur).
- Succession : ne signez pas sous pression ; si doute (dettes, crédits), passez par un notaire.
- Accès numériques : conservez le téléphone pour les codes 2FA, mais verrouillez-le et limitez qui y a accès.
8) Congés et “respiration” : ce à quoi vous pouvez avoir droit
Les règles peuvent dépendre de votre statut, mais il existe un cadre courant.
En Belgique, le congé de circonstance (souvent appelé “petit chômage”) prévoit généralement un nombre de jours variables selon le lien de parenté (par exemple : conjoint/partenaire ou enfant — régime plus long ; parent — régime plus court).
9) Succession : ce que vous devez déclencher (sans paniquer)
Le notaire est souvent le meilleur “chef d’orchestre” pour éviter les erreurs.
- Rassembler : carte d’identité, livret de famille, documents bancaires, assurances, titres de propriété, factures importantes.
- Rechercher : testament, contrat de mariage, donations, assurances-vie.
- Contacter un notaire : inventaire, attestations, conseils pratiques, coordination avec banques et administration.
Délais fiscaux (déclaration de succession)
En principe, la déclaration de succession doit être déposée dans un délai de 4 mois si le décès a eu lieu en Belgique (délai plus long si décès à l’étranger).
10) Cas particuliers (sans jugement)
Quelques situations où il faut souvent un “mode d’emploi” spécifique.
- Personne isolée / pas de famille identifiée : la commune peut organiser une prise en charge minimale selon les règles locales (et parfois via le CPAS). N’hésitez pas à demander clairement “quelle est la procédure dans ce cas ?”.
- Décès à l’étranger / rapatriement : documents consulaires + transport + commune en Belgique. Une entreprise de pompes funèbres gère souvent la coordination.
- Situation transfrontalière : décès dans un pays voisin mais résident en Belgique (ou inversement) → délais et documents peuvent varier ; un notaire aide à sécuriser les étapes.
- Famille recomposée / conflit / enfants mineurs : évitez de décider seul sous pression ; un notaire (ou l’autorité compétente) clarifie qui peut faire quoi.
11) Aides possibles pour les frais (selon situation)
Il n’existe pas une “prime unique” universelle : cela dépend du statut et du contexte.
- Indemnité de funérailles : dans certains cas (ex. pension de fonctionnaire), une indemnité peut exister via le Service fédéral des Pensions.
- Accident du travail / maladie professionnelle : des indemnités spécifiques peuvent exister selon le dossier.
- Si la famille ne peut pas payer : la commune / le CPAS peut intervenir pour des funérailles minimales selon conditions.
Sources officielles utiles (Belgique)
Pour vérifier une procédure ou trouver le bon guichet.
- Portail officiel : belgium.be (thèmes + services officiels)
- SPF Finances : finance.belgium.be (impôts, déclarations, infos administratives)
- MyPension : mypension.be (pension et dossier)
- MyGov / eBox : mygov.be (documents et communications fédérales)
- Votre commune : site officiel de la commune (État civil, horaires, rendez-vous, formulaires)
Questions fréquentes (Belgique)
Des réponses concrètes aux doutes les plus courants.
Faut-il obligatoirement passer par des pompes funèbres ?
Beaucoup de familles le font car cela simplifie (transport, commune, réservations). Certaines démarches peuvent être faites par la famille, mais l’organisation complète demande du temps et une bonne connaissance des règles locales.
“Commune du lieu de décès” ou “commune de domicile” ?
La déclaration et l’acte se font en général via la commune du lieu de décès (État civil). Pour le reste (cimetière, concessions, certaines autorisations), la commune de domicile peut aussi intervenir selon la situation.
Combien de copies de l’acte de décès faut-il ?
Prenez-en “plus que pas assez” : banques, assurances, employeur, mutuelle, opérateurs… en demandent souvent. Certaines institutions acceptent une copie, d’autres exigent un extrait récent.
Et si le décès survient à l’étranger (rapatriement) ?
Les règles et délais changent (documents consulaires, transport, autorisations). Les pompes funèbres gèrent souvent la coordination avec autorités locales, compagnie aérienne et commune en Belgique.