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Soutien au deuil

Le deuil est difficile parce qu’il ne se “rĂ©pare” pas. On ne peut pas l’accĂ©lĂ©rer, et il disparaĂźt rarement du jour au lendemain. Pour beaucoup de personnes, l’intensitĂ© change avec le temps — elle peut revenir par vagues, se faire moins frĂ©quente, ou prendre une autre forme — mais l’amour, et le manque, peuvent rester prĂ©sents.

Ce guide français rassemble des conseils concrets pour traverser le deuil, des repĂšres sur le moment oĂč demander de l’aide, des clĂ©s pour comprendre ce que l’on ressent, et une sĂ©lection d’organismes et de lignes d’écoute en France.

Pour les démarches pratiques aprÚs un décÚs, voir Que faire aprÚs un décÚs ou revenir à FR Aide & Conseils.

Aide urgente en France

Si vous ne vous sentez pas en sĂ©curitĂ©, si vous avez des pensĂ©es suicidaires, ou si vous avez peur de passer Ă  l’acte, demandez de l’aide immĂ©diatement.

  • En cas d’urgence : appelez le 112 (numĂ©ro europĂ©en), ou le 15 (SAMU) / 18 (pompiers) selon la situation.
  • Soutien 24/7 par des professionnels : 3114 (NumĂ©ro national de prĂ©vention du suicide).
  • Écoute anonyme et confidentielle : SOS AmitiĂ© au 09 72 39 40 50.
  • AprĂšs un dĂ©cĂšs traumatique (violence, accident, etc.) : France Victimes au 116 006.

10 façons pratiques de faire face au deuil

On ne peut pas faire disparaĂźtre le chagrin, mais de petites actions concrĂštes peuvent rendre la douleur plus supportable et vous aider Ă  traverser l’heure, la journĂ©e, puis la semaine.

  1. Mettre des mots sur ce que vous ressentez. Parler Ă  quelqu’un de confiance, Ă©crire pour soi, ou tenir un journal si parler est trop difficile.
  2. Prendre soin du corps (au minimum). Objectifs “minimum vital” : boire, manger un peu, dormir quand c’est possible.
  3. Rejoindre un groupe de soutien. Écouter peut aider, mĂȘme si vous ne vous sentez pas prĂȘt Ă  parler.
  4. Demander de l’aide pratique. Faire une liste de tĂąches et dĂ©lĂ©guer : appels, papiers, courses, logistique.
  5. S’appuyer sur un rituel simple. Une marche, une bougie, une musique, une priĂšre, une visite, une lettre — quelque chose de doux et rĂ©pĂ©table.
  6. Essayer une activitĂ© “douce”. ActivitĂ© crĂ©ative ou physique lĂ©gĂšre : dessin, jardinage, Ă©tirements, cuisine simple.
  7. Revenir Ă  une routine minimale. MĂȘme une structure trĂšs simple (douche, repas, sortie 10 minutes) peut rĂ©duire le chaos.
  8. Éviter l’anesthĂ©sie par l’alcool ou les drogues. Le soulagement est souvent temporaire et peut rendre le deuil plus difficile sur la durĂ©e.
  9. Rester reliĂ© aux autres, sans pression. Un message, un appel court, une prĂ©sence silencieuse. Et si vous riez, c’est permis.
  10. CrĂ©er un objet ou une trace de souvenir. Une photo, une boĂźte Ă  souvenirs, un album, un carnet d’histoires, un geste symbolique : l’amour peut continuer autrement.

Quand demander un soutien au deuil

Le deuil est unique et imprĂ©visible. Il peut ĂȘtre aidant de demander un soutien professionnel si la souffrance est Ă©crasante ou si elle empĂȘche de fonctionner au quotidien.

  • Vous lever, vous laver ou manger devient extrĂȘmement difficile
  • Vous vous sentez “bloquĂ©â€ dans le deuil et tout semble figĂ©
  • Vous vous isolez complĂštement pendant une pĂ©riode prolongĂ©e
  • Vous Ă©vitez tout ce qui rappelle la personne au point de ne plus pouvoir vivre normalement
  • Votre humeur est trĂšs instable ou vous vous sentez en danger
  • Vous vous “remplissez” d’activitĂ©s en permanence pour ne jamais ressentir
  • Vous augmentez votre consommation d’alcool/drogues pour tenir
  • Vous avez le sentiment que la vie ne peut pas continuer sans la personne
  • Vous n’arrivez plus Ă  accomplir les gestes simples du quotidien

Ces signes peuvent ĂȘtre frĂ©quents au dĂ©but. S’ils persistent pendant des semaines ou des mois, un accompagnement du deuil, une thĂ©rapie ou un groupe de soutien peut faire une vraie diffĂ©rence — et cela peut rester utile mĂȘme longtemps aprĂšs la perte.

Deuil ou dépression ?

Le deuil et la dépression peuvent se ressembler : tristesse profonde, fatigue, retrait, changements de sommeil, difficulté à se concentrer.

Le deuil revient souvent par vagues et peut ĂȘtre dĂ©clenchĂ© par des dates, des lieux, une musique ou un souvenir. La dĂ©pression peut sembler plus constante, plus “plate”, avec un sentiment durable de vide ou d’impossibilitĂ©. Si vous vous sentez durablement sans espoir, engourdi, ou en danger, cherchez de l’aide (3114 / urgences) ou parlez Ă  un professionnel de santĂ©.

Comprendre le processus de deuil

Il existe de nombreuses approches du deuil. Ce ne sont pas des rùgles, mais des cadres qui peuvent aider à donner du sens à ce qui arrive dans le corps, le cƓur et l’esprit.

On cite souvent des modĂšles comme le “double processus” (osciller entre la perte et le retour au quotidien), des “tĂąches” du deuil, la reconstruction de sens, et les cinq Ă©tapes du deuil. Aucune trajectoire n’est linĂ©aire : vous pouvez avancer, reculer, puis avancer encore.

Les cinq étapes du deuil (repÚres)

DĂ©ni, colĂšre, marchandage, tristesse/dĂ©pression et acceptation sont des termes souvent utilisĂ©s pour parler du deuil. Ces Ă©tapes n’arrivent pas dans un ordre fixe et peuvent se rĂ©pĂ©ter. L’acceptation ne signifie pas “oublier” : elle peut signifier apprendre Ă  vivre avec l’absence.

Deuil aprĂšs un dĂ©cĂšs liĂ© Ă  l’alcool ou aux drogues (France)

Perdre quelqu’un Ă  cause de l’alcool ou des drogues est dĂ©vastateur. En plus du choc et de la tristesse, il peut y avoir des questions sans rĂ©ponse, de la culpabilitĂ©, de la colĂšre, de la honte liĂ©e au regard des autres, et parfois une enquĂȘte (police/gendarmerie) ou des examens mĂ©dico-lĂ©gaux. Cette section propose des repĂšres “rĂ©alistes” pour traverser les premiĂšres semaines.

Pourquoi ce deuil peut sembler différent

Le deuil liĂ© Ă  l’alcool ou aux drogues peut comporter des couches supplĂ©mentaires qui alourdissent tout :

  • CaractĂšre soudain ou traumatique (overdose, accident, dĂ©cĂšs inattendu)
  • Questions sans rĂ©ponse sur le “pourquoi” et le “comment”
  • Jugements, silence ou malaise de l’entourage
  • Relations complexes quand l’addiction a Ă©tĂ© prĂ©sente
  • Stress administratif : dĂ©marches, dĂ©lais, potentielle enquĂȘte, auditions

Rien de tout cela ne rend votre peine “moins lĂ©gitime” — cela signifie simplement que vous pouvez avoir besoin d’un soutien plus spĂ©cifique.

Perte “secondaire” et deuil stigmatisĂ©

Perte secondaire (faire le deuil de plusieurs choses)

Quand l’addiction fait partie de l’histoire, le dĂ©cĂšs peut arriver aprĂšs une longue pĂ©riode de pertes : perte de confiance, de stabilitĂ©, de moments de vie, parfois de la relation “comme elle aurait dĂ» ĂȘtre”. Beaucoup de personnes dĂ©crivent aussi un deuil avant le dĂ©cĂšs (deuil anticipĂ©) — ce qui peut rendre la suite Ă©puisante et confuse.

Deuil stigmatisĂ© (quand les autres n’osent pas ou jugent)

AprĂšs un dĂ©cĂšs liĂ© Ă  l’alcool ou aux drogues, on peut rencontrer des rĂ©actions injustes : “il/elle l’a cherchĂ©â€, “on n’en parle pas”, ou un silence gĂȘnĂ©. Cela peut donner l’impression de devoir souffrir en secret, sans espace pour dire la vĂ©ritĂ©.

  • “C’est de sa faute.”
  • “C’est diffĂ©rent des autres dĂ©cĂšs.”
  • “C’est trop compliquĂ©, n’en parlons pas.”

Votre deuil est rĂ©el, valable, et mĂ©rite du soutien — quelle que soit la cause du dĂ©cĂšs.

Ce que vous pouvez ressentir (et pourquoi c’est normal)

Le deuil n’est pas seulement de la tristesse. Il peut ĂȘtre un mĂ©lange d’émotions qui change d’une heure Ă  l’autre :

  • SidĂ©ration / choc — impression d’irrĂ©el, “vide”, incapacitĂ© Ă  pleurer
  • ColĂšre — contre la situation, le systĂšme, l’addiction, soi-mĂȘme, d’autres personnes
  • CulpabilitĂ© — ruminations, “si seulement
”
  • AnxiĂ©tĂ© — peur pour d’autres proches, crises de panique, sensation d’insĂ©curitĂ©
  • Soulagement — parfois prĂ©sent aprĂšs des annĂ©es de crise, de chaos ou de souffrance
  • Honte — souvent alimentĂ©e par le regard social, pas par votre responsabilitĂ©

À propos du soulagement

Le soulagement est une réaction mal comprise. Il ne signifie pas que vous aimiez moins la personne. Il peut signifier que la crise, la peur ou la souffrance ont cessé.

Stratégies qui aident vraiment

L’objectif n’est pas de “fixer” la douleur, mais de vous aider à la porter. Voici des actions petites mais efficaces :

  1. Trouver un espace sĂ»r pour vos Ă©motions. Un proche fiable, un psychologue, un groupe, ou une ligne d’écoute.
  2. ProtĂ©ger le corps (sommeil, nourriture, hydratation). Visez le “minimum”. Si l’insomnie ou l’anorexie s’installent, demandez de l’aide mĂ©dicale.
  3. Éviter l’anesthĂ©sie. Si vous remarquez que vous augmentez alcool/drogues pour tenir, parlez-en tĂŽt — un soutien sans jugement existe.
  4. Choisir le bon type de soutien. Les services “addictions” (Drogues/Alcool Info Service) comprennent le contexte et l’ambivalence.
  5. Baisser les exigences. Le choc rĂ©duit concentration et Ă©nergie. Simplifiez la vie, dĂ©lĂ©guez l’administratif quand vous pouvez.
  6. PrĂ©parer un “plan jours difficiles”. Une personne Ă  contacter, une activitĂ© d’ancrage, un endroit oĂč aller, un numĂ©ro Ă  appeler.
  7. Créer une façon douce de se souvenir. Album, lettre, boßte, rituel. Le lien peut continuer sans vous faire violence.

OĂč trouver du soutien en France

Pour un soutien qui comprend les deuils liĂ©s Ă  l’addiction, commencez par :

  • Drogues Info Service — 0 800 23 13 13 (7j/7, 8h–2h)
  • Alcool Info Service — 0 980 980 930 (7j/7, 8h–2h)
  • 3114 — si vous ĂȘtes en dĂ©tresse ou si vous avez des pensĂ©es suicidaires

La liste complĂšte des organismes utiles en France est ci-dessous.

Organismes & numéros utiles en France

Soutien général au deuil

Empreintes — Accompagner le deuil

Site : www.empreintes-asso.com

FĂ©dĂ©ration JALMALV (Jusqu’à la Mort Accompagner la Vie)

Site : www.jalmalv-federation.fr

SOS Amitié

Site : www.sosamitie.org

Téléphone : 09 72 39 40 50

Téléphone (anonyme/confidentiel)

Croix-Rouge française — Croix-Rouge Ă  votre Ă©coute

Site : www.croix-rouge.fr

Téléphone : 0800 858 858

Horaires variables selon le service (voir site)

Enfants et adolescents

Empreintes — enfants & adolescents

Site : www.empreintes-asso.com

Jonathan Pierres Vivantes

Site : www.jpv-asso.org

Aprùs la perte d’un conjoint

Dialogue & Solidarité

Site : www.dialogueetsolidarite.asso.fr

Aprùs la perte d’un enfant

Jonathan Pierres Vivantes

Site : www.jpv-asso.org

Deuil périnatal, IMG, mort subite du nourrisson

NaĂźtre et Vivre

Site : www.naitre-et-vivre.org

SPAMA

Site : www.association-spama.com

Association Petite Emilie

Site : www.petiteemilie.org

Email : petiteemilie@petiteemilie.org

Deuil aprĂšs suicide

3114 — NumĂ©ro national de prĂ©vention du suicide

Site : 3114.fr

Téléphone : 3114

Gratuit, 24/7

Suicide Écoute

Site : www.suicide-ecoute.fr

Téléphone : 01 45 39 40 00

24/7

DĂ©cĂšs liĂ© Ă  l’alcool ou aux drogues

Drogues Info Service

Site : www.drogues-info-service.fr

Téléphone : 0 800 23 13 13

7j/7, 8h–2h (appel anonyme et gratuit)

Alcool Info Service

Site : www.alcool-info-service.fr

Téléphone : 0 980 980 930

7j/7, 8h–2h (appel anonyme, coĂ»t d’une com. locale ou inclus selon forfait)

Soutien LGBT+

SOS Homophobie — ligne d’écoute

Site : www.sos-homophobie.org

Téléphone : 01 48 06 42 41

Horaires variables (voir site)

Le Refuge — ligne d’écoute

Site : www.le-refuge.org

Téléphone : 09 39 03 63 03

Tous les jours 8h–minuit (voir site)

Autres ressources utiles

France Victimes — 116 006

Site : www.france-victimes.fr

Téléphone : 116 006

Gratuit (horaires selon service ; voir site)

Un mot sur le fait de demander de l’aide

Demander du soutien ne signifie pas que vous â€œĂ©chouez” Ă  faire face. Cela signifie que vous prenez soin de vous pendant une des Ă©preuves les plus difficiles. Le deuil n’a pas besoin d’ĂȘtre “rĂ©parĂ©â€ — mais il mĂ©rite du temps, de la compassion et un accompagnement adaptĂ©.

Vous trouverez aussi ces pages FR utiles : Que faire aprĂšs un dĂ©cĂšs ‱ Organiser des funĂ©railles ‱ LĂ©gal ‱ Services publics